Film de Pepa San Martin – Chili –comédie dramatique – 1h 30

sortie le 21/06/2017

C’est la première fois que je vois ce thème traité au cinéma : l’homoparentalité. Deux fillettes élevées par leurs deux mamans. Tout cela vu par la pré-adolescente qui réalise que la situation est inhabituelle dans la société, d’où son statut de « pas normale » (une famille = forcément, un papa, une maman et des enfants).

L’idée géniale est de nous faire appréhender le sujet au travers du regard des 2 fillettes. La petite, Cata, est dans le jeu, l’innocence et ne comprend pas pourquoi sa grande sœur lui dit de ne plus dessiner ses deux mamans à l’école. Sara entre dans l’adolescence, elle découvre par le discours des autres que sa situation est inhabituelle.

Est-ce l’envie de normalité, d’être comme les autres, qui la pousse à demander d’aller vivre chez son père ? Ou simple manifestation de crise d’adolescence ?

Tout cela est abordé avec beaucoup de pudeur. Tous ces personnages féminins sont magnifiquement filmés. Surtout Sara, l’adolescente un peu fermée, discrète, secrète, que l’on sent déchirée entre ses deux maisons.  Même sur fond inavoué de rejet de l’homoparentalité, il y a beaucoup d’amour et de bienveillance dans cette narration.

J’ai beaucoup aimé la façon de filmer :

-Les déambulations de Sara au début, filmée de dos et qui, par ses pas, nous fait découvrir son univers scolaire et sportif.

-De magnifiques cadrages (Sara assise dans un angle d’escalier), beaucoup de gros plans sur le profil de Sara.

Un très beau témoignage sur la difficulté à être différent dans une société prônant la normalité.

Pas de morale, pas de parti pris militantiste, un simple regard d’adolescente.

Sylviane Llobell

Rara 

2017| 1h28min (Drame) (Chili) « Grand prix du jury au festival de Berlin »

Depuis que leurs parents se sont séparés, Sara et sa petite soeur vivent avec leur mère, Paula, et sa compagne, qui participe volontiers à l’éducation des enfants. Mais le père voudrait une vie plus « normale » pour ses enfants et demande la garde de ses filles. Sara, elle, a 13 ans et ses préoccupations sont autres.

L’histoire est racontée à travers les yeux de cette jeune fille en pleine mutation de l’adolescence qui doit se débrouiller avec une situation jugée « particulière » par les adultes qui l’entourent.

Un film d’une grande sobriété, magnifiquement interprété où chaque moment de la vie de cette famille est filmé avec beaucoup de délicatesse. L’homoparentalité comme toile de fond à cette histoire nous force à nous questionner sur ce qui importe, ce qui donne sens à la vie et personne n’est heureusement parfait, chacun fait ce qui lui semble important dans le moment.

La morale de l’histoire reste sans appel, l’amour ne suffit pas quand il se heurte à la normalité sociale. Une normalité pour qui ? Pourquoi ?

Catherine Vermorel

 

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